Acheter ou louer un appartement ou une maison est sûrement une décision financière que l’on imagine fondé sur des considérations intimes. Pourtant, les décisions des individus en matière de propriété immobilière seraient influencées par des croyances culturelles héritées. En cause : le passé agricole de leurs ancêtres.
Vos ancêtres cultivaient-ils les plaines d’une région agricole européenne comme l’Ukraine ou la Beauce ? Ou élevaient-ils du bétail près de la Corne de l’Afrique ? Loin d’être anecdotique, la question à cette réponse pourrait en partie déterminer si vous êtes ou non aujourd’hui propriétaire de votre logement.
Les résultats d’une vaste étude empirique que nous avons menée indiquent, en effet, que les représentations culturelles liées à la terre et au bétail – respectivement des actifs immobiles et mobiles – se transmettent de génération en génération. Ces conceptions contribuent encore aujourd’hui à expliquer la probabilité qu’un individu devienne propriétaire. En particulier, les personnes issues de sociétés historiquement fondées sur l’agriculture céréalière sont plus susceptibles de posséder un bien immobilier que les autres.
Une décision financière importante
« Faut-il acheter une maison/un appartement ou simplement louer ? » Il s’agit sans doute de la décision financière la plus importante pour la plupart des ménages, qui choisissent ainsi de faire de leur logement (plutôt que de l’or ou des actions) leur principal actif. Au-delà des considérations économiques (comme la capacité à rembourser un crédit sur 20 ans), la propriété immobilière est aussi influencée par la manière dont les individus perçoivent la sécurité, la valeur et le statut social associés à un logement.
À lire aussi :
Crédit immobilier : les raisons d’un blocage du marché du logement
Or, ces préférences culturelles sont…
Auteur: Vuillemey Guillaume, Professeur associé en finance, HEC Paris Business School

