La prostitution n’est pas une question individuelle mais sociale

La question de la prostitution est souvent abordée sous l’angle du quotidien des personnes en situation de prostitution, soumises aux contrôles policiers et à une précarisation. C’est le cas dans le hors-série de Politis « Des corps et des femmes ».

S’il est évidemment indispensable de défendre les droits des personnes prostituées, il est indispensable aussi de dénoncer le système prostitutionnel qui organise la marchandisation du corps des femmes. Bien que la prostitution soit réputée aussi ancienne que l’humanité, ce sont les politiques néolibérales, avec la libre circulation des capitaux et la dégradation des conditions de vie de nombreuses personnes, qui ont permis son énorme déploiement au niveau mondial.


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Ce système, très lié au trafic de drogue, génère d’immenses profits, en grande partie dans l’économie souterraine, en s’appuyant sur la traite des êtres humains et sur l’exploitation des personnes les plus pauvres et vulnérables, des personnes racisées, issues d’ethnies minoritaires ou des ex-colonies, des migrant·es et des enfants. Selon l’OIT, en 2021, la prostitution a généré les deux tiers des 217 milliards d’euros de profits illégaux liés au travail forcé… et elle concerne plus de 1,7 million d’enfants.

Combien sont victimes des proxénètes, dépendantes de la drogue, migrantes piégées par les passeurs ?

La Convention internationale de 1949 a affirmé que la prostitution est incompatible avec la dignité et la valeur de la personne humaine. C’est une violence, comme en témoignent les prostituées qui ont réussi à en sortir, les « survivantes ». Il faut écouter leur parole, et pas seulement celle de quelques femmes qui affirment…

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Auteur: Christiane Marty

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