Tout le monde a déjà suivi, en ligne ou à la télévision, la courte émission «Vu». Ce format d’utilité publique, qui a pris la suite du «Zapping», va disparaître dans quelques jours.
En 2018, «Vu» est lancé sur la chaine France 5, après la purge organisée par Bolloré sur Canal+. Le concept reste le même que le zapping : une revue d’actualité intelligente et concise, qui permet de retenir les éléments importants du moment, mais avec une mise en perspective malicieuse destinée à aiguiser l’esprit critique. Par exemple, «Vu» pouvait mettre en parallèle une déclaration d’un homme politique – sur l’écologie ou l’égalité par exemple – et ses choix politiques réels – en général, l’inverse de ses promesses. Le format mettait en relief l’hypocrisie d’une situation, ou montrait l’état du monde, passait des extraits sur les guerres qui n’étaient pas montrées dans les grands Journaux Télévisés.
France télévision vient d’annoncer sa suppression pour des «raisons budgétaires», ce qui laisse sur le carreau quatre salarié·es en CDI et treize intermittent·es. Cette justification n’abuse personne, le budget de France Télévision dépasse les 3,3 milliards d’euros annuels, et cette petite capsule à succès ne coutait quasiment rien à produire. Surtout en comparaison d’émissions bien plus chères et moins regardées. C’est une manière d’éliminer un contenu qui donnait à réfléchir.
En juin 2025, c’est une autre émission de France Télévision qui était liquidée : «Slash», un format jugé «trop militant» par la direction. La présidence de la télé publique avait nommé un manager venu du groupe privé TF1, proche de Nicolas Sarkozy, pour surveiller et éliminer cette émission qui évoquait parfois les violences policières, l’écologie ou la défense des minorités. Ce format avait été ciblé par l’extrême droite dès 2022. À partir de…
Auteur: B

