La Pwofitasyon de la France sur les Antilles

La semaine dernière, nous évoquions le retour des mobilisations contre la vie chère aux Antilles à travers l’analyse des enjeux de l’octroi de mer de Mireille Pierre-Louis. Cet article en est la continuité, il y est question des enjeux fiscaux et de leur imbrication dans le racisme structurel français qui maintient aujourd’hui encore les DOM sous son joug.

1. Si la TVA nationale était le problème, plutôt que la solution ?

Il est étonnant de parler de la « vie chère » aux Antilles sans évoquer la TVA nationale, qui existe aussi à la Réunion, au bon vouloir de l’Etat, mais pas en Guyane et à Mayotte.

Même en France hexagonale, régulièrement des voix s’élèvent pour réclamer une baisse des taux de la TVA.

Mais dans les DOM, la TVA est transparente et sans reproches, contrairement à l’Octroi de mer au lourd passé colonial (taxait-il le bois d’ébène ?), le coupable idéal aujourd’hui de la « vie chère » pour les consommateurs, la « bête noire » de Bercy, fermement résolu à le transformer en TVA nationale pour réduire le déficit public.
Mais si la TVA nationale était le problème, plutôt que la solution ?
En Martinique, le rebond de la TVA a été deux fois plus élevé que celui de l’Octroi de mer en 2022, et par rapport à 2021, l’Etat a engrangé près de 80 millions d’euros de plus au détriment des consommateurs.

Or, les DOM n’étant pas concernés par la rigide directive TVA de l’Union européenne, l’Etat a toute latitude d’y abaisser les taux de la TVA.

Mais il ne le fait pas parce qu’il sait parfaitement que diminuer les taux représente une perte de recettes importante, sans le moindre impact sur les prix. La TVA était passée de 20% à 5% dans la restauration sans impact notable sur les prix, les restaurateurs ont seulement augmenté leurs marges. Et s’agissant de l’Octroi de mer, le ministère des finances lui-même avoue qu’une baisse des taux n’aura…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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