La qualité des médicaments anticancéreux en Afrique est préoccupante : une étude dans 4 pays sonne l’alerte

Plus de 800 000 personnes sur le continent sont diagnostiquées chaque année avec un cancer. Le nombre de personnes recevant un traitement contre cette maladie a considérablement augmenté au cours de la dernière décennie dans de nombreux pays africains. Par exemple, il y a dix ans, en Éthiopie et au Kenya, seuls quelques milliers de patients par an pouvaient bénéficier de soins contre le cancer dans quelques hôpitaux. Aujourd’hui, plus de 75 000 personnes reçoivent un traitement contre le cancer chaque année dans ces deux pays.

Mais les agences de réglementation des médicaments de nombreux pays n’ont pas la capacité de mesurer la qualité des médicaments anticancéreux. Cela pose deux problèmes majeurs. Premièrement, le coût élevé des médicaments incite à opter pour des médicaments non homologués. Deuxièmement, certains de ces médicaments sont très toxiques.

La forte demande, combinée à un manque de contrôle réglementaire, crée un terrain propice à la circulation de médicaments de qualité inférieure ou contrefaits. Des rapports inquiétants font état de ce type de produits causant des dommages aux patients dans plusieurs pays, notamment au Brésil, aux États-Unis et au Kenya. Mais aucune étude systématique sur la qualité des médicaments anticancéreux dans les pays à revenu faible et intermédiaire n’a été réalisée. Par conséquent, on sait peu de choses sur la qualité des médicaments utilisés pour traiter le cancer en Afrique.

Je suis chercheur en cancérologie aux États-Unis et je développe des technologies permettant de détecter les médicaments de qualité inférieure ou contrefaits dans les milieux défavorisés. En 2017, j’ai collaboré avec Ayenew Ashenef de l’université d’Addis-Abeba pour tester un dispositif conçu pour évaluer la qualité des médicaments anticancéreux. Nous avons été consternés de constater que la plupart des médicaments utilisés dans un hôpital en Éthiopie étaient…

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Auteur: Marya Lieberman, Nancy Dee Professor, Department of Chemistry and Biochemistry, University of Notre Dame