Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale et le déploiement impérialiste du Plan Marshall, une partie importante du continent européen évolue sous l’influence des Etats-Unis. La “construction européenne” née dans les années d’après-guerre est vivement encouragée par ces derniers, qui continuent encore aujourd’hui de la soutenir, surtout dans le contexte de la guerre en Ukraine où l’Union européenne et l’OTAN jouent un rôle majeur.
En parallèle, un discours prônant l’indépendance de l’Union européenne vis-à-vis des Etats-Unis gagne du terrain ; c’est la volonté de certaines bourgeoisies représentées par des hommes politiques comme Mario Draghi, défenseur d’un “fédéralisme européen” total. Nous disons total, car l’Union européenne pour le moment y tend objectivement, ce qui signifie que ce fédéralisme est bien présent à de nombreux égards, renforçant peu à peu cet aspect de la contradiction en lutte contre les souverainetés nationales.
Cependant, la tâche n’est pas simple, car il y a les fédéralistes qui pensent pouvoir s’en sortir sans les Etats-Unis, et ceux qui n’y pensent même pas, ceux qui sont réalistes. Réalistes pour une raison très simple : l’Union européenne dépend structurellement, et même en un sens superstructurellement (de par son appartenance aux mêmes organisations supranationales – il n’y a qu’à comparer une carte des pays membres de l’OTAN et des pays membres de l’Union européenne – et à son alignement sur les médias étasuniens empreints de philosophie néo-libérale) de l’Oncle Sam. En effet, “92 % des données numériques en Europe sont stockées aux États-Unis”, note l’ex-Ministre des Armées Françoise Parly (1). En matière de défense, 63% des acquisitions de biens militaires par les pays de l’Union européenne sur la période 2022-mi-2023 proviennent des Etats-Unis (2). Une dépendance qui s’accentue au fil des ans : “en…
Auteur: Maxime-JRCF

