À ce niveau d’adhésion, peut-on parler de plébiscite ?
Chloé Tegny : À proprement parler, je ne sais pas. Mais 77 % des actifs qui sont favorables au passage à la semaine de 4 jours, soit près de 8 actifs sur 10, c’est quand même un score très largement majoritaire. Surtout, il faut souligner que 45 % des actifs y seraient « tout à fait favorables », ce qui est un niveau conséquent.
L’intégralité du sondage est à consulter ici (voir aussi en fin d’article).
Est-ce que cela ne marque pas le retour en force de la question du partage du travail, un peu abandonnée après le passage aux 35 heures ?
Tout à fait. Nous avons pu observer dans nos enquêtes, notamment toutes celles qu’on mène sur le rapport au travail, une véritable volonté chez les Français d’articuler les temps de vie. Quand, en 2008, on demandait aux salariés s’ils préféraient gagner davantage d’argent ou avoir plus de temps libre, ils étaient 38 % à déclarer vouloir gagner moins d’argent, mais avoir plus de temps libre. Et à l’inverse, 62 % déclaraient vouloir gagner plus d’argent et avoir moins de temps libre. En 2022, sur la même question, on a pu constater une inversion complète : désormais 61 % disent préférer gagner moins d’argent mais avoir plus de temps libre, contre 39 % qui disent préférer gagner plus d’argent.
Depuis le covid, on observe un très net changement dans la société, qui montre la nécessité et l’importance du temps.
Depuis le covid, on observe un très net changement dans la société, qui montre la nécessité et l’importance du temps. Le manque de temps est ressenti. Nos enquêtes montrent aussi la perception chez des salariés d’une charge de travail qui augmente. Et au-delà de la question de la rémunération, l’équilibre entre vie personnelle et vie professionnelle est aujourd’hui au cœur des attentes des…
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Auteur: Michel Soudais

