Dix jours après la crise migratoire de Ceuta, de nombreuses questions restent en suspens – notamment le rôle exact joué par le Maroc et la manipulation des populations via les réseaux sociaux. Reste que la cacophonie des pays européens après le drame et l’instrumentalisation de certains gouvernements et voix politiques de droite et d’extrême droite n’est pas bon signe pour l’Union européenne.
L’épisode, qui a jeté une lumière crue sur les zones d’ombre de la politique migratoire européenne, s’est pourtant déroulé quelques semaines après l’entrée en vigueur du Pacte sur la migration et l’asile et l’adoption du règlement sur les retours visant à faciliter les expulsions. Dix ans après la crise de 2015, le ton se durcit. Parmi les points les plus controversés, la création de centres de rétention dans un pays tiers pour les migrants en situation irrégulière. Centrale, la question de la souveraineté territoriale de l’Europe souffre difficilement de cette idée d’externalisation des responsabilités.
Quoique impérative, la gestion des frontières ne peut non plus se réduire à une affaire administrative. Ni la justice ni la dignité humaine ne doivent être perdues de vue. Lors de son voyage en France, fin septembre, le pape Léon XIV se rendra notamment à la Maison Bakhita, centre d’accompagnement et d’intégration sociale créé par le diocèse de Paris pour venir en aide aux personnes migrantes. Montrant une fois de plus, et dans le prolongement de François, qu’il fait grand cas de la question migratoire. Alors qu’il n’y a jamais eu autant de décès en Méditerranée qu’en 2026, Léon XIV regrettait lors d’un déplacement à Lampedusa, le 4 juillet, que « les morts de cette mer sont victimes tant des décisions prises que des décisions qui n’ont pas été prises ». Trois semaines plus tard, le drame de Ceuta lui donnait malheureusement raison.
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