Un massacre oublié
Le 30 novembre 1943, jour pour jour il y a 81 ans, Athènes vivait l’une des pages les plus sombres de son histoire sous l’Occupation nazie. En une seule nuit, 18 hôpitaux de la capitale furent brutalement pris d’assaut par des forces collaborationnistes grecques, épaulées par des troupes allemandes. L’opération visait un groupe bien précis : les anciens combattants blessés et invalides de la guerre de 1940-1941, qui avaient combattu l’Italie fasciste et infligé à Mussolini l’une des premières défaites de l’Axe. Ces hommes, devenus des symboles de courage pour la population grecque, étaient désormais perçus par l’occupant et ses alliés comme une menace à éradiquer.
Ces vétérans, mutilés par les combats mais animés d’un esprit indomptable, s’étaient organisés dans les hôpitaux où ils étaient soignés. Sous l’égide de l’EAM (Front de Libération Nationale), ils avaient créé un réseau de Résistance particulièrement actif, mobilisant les blessés pour défendre la population affamée et lutter contre l’Occupation.
Dans la nuit du 30 novembre, plus de mille hommes armés encerclèrent les hôpitaux d’Athènes. Les soldats pénétrèrent dans les établissements, brisant portes et fenêtres, et s’en prirent aux blessés sans défense. Les invalides furent arrachés de leurs lits, frappés sauvagement, souvent privés de leurs prothèses qui furent brisées sous leurs yeux. Malgré l’intervention des soignants, ces hommes furent traînés hors des hôpitaux et entassés dans des camions, sous une pluie d’insultes et de coups.
La rafle ne se limita pas aux anciens combattants : médecins, infirmiers et civils tentant de protéger les blessés furent eux aussi arrêtés. Parmi les prisonniers, nombreux sont ceux qui succombèrent avant même d’atteindre les prisons de Chatzikosta et Haïdari, lieux de détention tristement célèbres où ils furent enfermés et torturés. À…
Auteur: Emmanuel KOSADINOS

