La randonnée sans GPS : ils apprennent à se débrouiller seul en montagne 

Parc national du Mercantour (Alpes-Maritimes), reportage

Depuis quelques années, c’est un geste qui devient plus rare, en montagne. Le doigt glisse sur les courbes de niveaux, s’arrête, puis repart quelques centimètres plus loin. Assis en cercle à côté du départ du sentier, Julie, Sigried et Patrick scrutent leur carte posée sur l’herbe. Le programme du jour : rejoindre le refuge des Merveilles depuis La Gordolasque, dans le parc national du Mercantour (Alpes-Maritimes).

Le tracé de l’itinéraire a été donné, mais pas la distance à parcourir, ni le dénivelé à gravir. Et pour les connaître, pas d’application de randonnée, ni de montre connectée avec une trace téléchargée, encore moins de ChatGPT. À leur disposition : une carte IGN, un altimètre et une boussole. Les trois randonneurs sont venus apprendre à être plus autonome en montagne, dans le cadre d’un stage de deux jours organisé par la Fédération française de la randonnée pédestre (FFRandonnée).

À l’heure où les outils numériques — qui permettent de préparer une sortie en quelques clics sans maîtriser les bases de l’orientation — sont omniprésents, ces stages proposent de revenir aux fondamentaux, en été comme en hiver. « Le but est qu’à la fin de la session, les randonneurs sachent quoi faire en cas d’absence de réseau, de batterie à plat ou, tout simplement, face à un imprévu », explique Aurore Ivaldi, conseillère technique à la FFRandonnée à l’initiative de cette formation.

« Je veux pouvoir me débrouiller seule en toute circonstance »

Lancés en 2024, ces stages permettent de développer de nombreuses connaissances comme lire une carte, élaborer un parcours et des alternatives, évaluer les risques, s’adapter aux conditions météo, estimer ses propres capacités… tout en respectant le milieu sensible traversé. « On ne peut pas encourager les gens à aller en montagne sans leur transmettre les…

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Auteur: Jeanne Cassard, Laurent Carré