La Realidad, Paris, Neige SInno au prisme de La Realidad, Chiapas, Mexique

La Realidad. Le titre du livre renvoie au nom d’un caracol zapatiste — un lieu particulièrement emblématique, qui fut celui des premières rencontres internationales de 1996. On s’attend donc assez naturellement à ce que l’ouvrage traite du mouvement zapatiste. D’ailleurs, à la table de notre collectif de solidarité avec le Chiapas, il n’est pas rare que des personnes viennent interroger : qu’en penser ? Que dit ce livre des zapatistes ? On peut le poser d’emblée : le portrait du mouvement zapatiste — ou même des réseaux de solidarité qui lui sont liés — ne constitue pas le point fort de l’ouvrage.

Les impressions de lecture que je propose sont donc évidemment subjectives et partielles : ancrées dans ma position, mon point d’observation aux côtés des zapatistes, parfois de près, souvent de loin, mais de manière aussi informée que possible et depuis plus de dix ans. Avec ces lunettes, résolument attachées à quelques-uns des mondes chiapanèques actuels, je vous emmène au fil du livre : d’abord, le voyage de la narratrice et de son amie Maga, qui ne rencontrent pas « les » zapatistes (qu’elles ne cherchent d’ailleurs pas vraiment, qui ne sont pas évoqués) ni Marcos (qu’elles cherchent, disons bêtement mais sincèrement) ; ensuite, nous passerons rapidement sur la longue section que l’autrice consacre à Antonin Artaud au Mexique ; enfin, dans un dernier mouvement, la narratrice participe à deux rencontres zapatistes, et termine sur ce qui m’apparaît comme la véritable, quoique ponctuelle, révélation politique de ce texte.

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Disons-le franchement : toute la première partie du livre m’a éminemment agacée. Non pas le style, qui est léger, dans cet ordre courant aujourd’hui dans les récits d’auto-fiction : négociant son rythme avec l’oralité, visant plutôt une forme de transparence de la matière linguistique, à l’opposé d’une littérature opaque ou…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

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