La Reconstruction Noire comme guerre de classe. Du Bois, le marxisme et la révolution

L’ouvrage de W. E. B. Du Bois (1868 -1963) intitulé Black Reconstruction in America 1860-1880, est l’une des plus grandes études modernes sur la révolution et la contre-révolution[1]. S’il mérite sa place aux côtés des classiques, il constitue également un exemple extraordinaire d’analyse matérialiste et de classe de la race sous le capitalisme. Ces dernières années, ce dernier aspect du livre a été occulté, voire nié. Cet article vise à redonner à la grande œuvre de Du Bois la place qui lui revient sur ces deux plans.

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Le chef d’œuvre de W. E. B. Du Bois, Black Reconstruction in America1860-1880, publié en 1935, mérite de figurer sur une étagère à côté d’autres classiques modernes, tels que l’Histoire de la révolution russe de Léon Trotsky, Les Jacobins noirs de C. L. R. James, La révolution française de Georges Lefebvre et Le dix-huit brumaire de Louis Bonaparte de Karl Marx. Malheureusement, les spécialistes des révolutions n’ont généralement pas considéré la Guerre de Sécession comme l’une des grandes révolutions sociales de l’ère moderne, au même titre que les révolutions française, russe et chinoise. 

En fait, de nombreux lecteurs considèrent le livre de Du Bois de manière beaucoup plus étroite, comme une réponse aux histoires suprémacistes blanches de l’ère de la Reconstruction (1865-76) et, plus particulièrement, comme une défense du rôle des politiciens afro-américains – et des électeurs noirs qui les ont élus – dans les gouvernements des États du Sud de l’époque. Du Bois présente effectivement une telle défense, mais Black Reconstruction offre beaucoup, beaucoup plus que cela. 

Black Reconstruction n’est pas seulement un ouvrage historique de grande envergure, mais aussi un ouvrage fermement ancré dans la tradition marxiste. Du Bois réinterprète la guerre civile comme une révolution sociale et politique « par le bas »…

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Auteur: redaction