Y aura-t-il bientôt des COP sans les États-Unis ? Ces derniers vont-ils de nouveau quitter l’accord de Paris ? Quel avenir pour les énergies renouvelables outre-Atlantique ? Alors que Trump revient à la Maison Blanche, l’économiste Christian de Perthuis nous en dit plus sur ce que l’on peut attendre de ce climatosceptique convaincu à la tête de la première puissance mondiale.
Climatosceptique affiché, Donald Trump avait fait campagne en 2016 sur la relance du charbon aux États-Unis, l’allègement des contraintes environnementales imposées par l’administration démocrate et la sortie de l’Accord de Paris.
De relance de charbon, il n’y eut point durant son premier mandat (2017-2020), l’électricité produite à partir du gaz ou des renouvelables étant bien trop compétitive. L’allègement des contraintes réglementaires a consisté à abroger le Clean Power Act, une régulation préparée sous l’administration Obama qui n’était pas entrée en vigueur faute de soutien au Congrès. Enfin, le retrait de l’Accord de Paris, décidé en juin 2017, a été sans conséquence car il exigeait, au moment où il a été décidé, un délai de quatre ans pour devenir effectif.
Au total, le premier mandat de Donald Trump n’a eu que des effets limités sur la politique climatique, tant au plan interne qu’externe. Il pourrait en aller bien différemment durant le second mandat.
L’accord de Paris soumis à rude épreuve
Le candidat Trump n’a pas fait mystère de son intention de quitter à nouveau l’accord de Paris, qualifié d’un meeting à l’autre de « ridicule », « injuste » ou encore « désastreux ». Autre argument de campagne : l’Accord coûterait des centaines de milliards aux États-Unis et rien à la Chine et aux autres pays émergents.
Un second retrait des États-Unis est donc pratiquement certain. Mais il sera cette fois-ci effectif un an seulement après avoir été signifié aux Nations…
Auteur: Christian de Perthuis, Professeur d’économie, fondateur de la chaire « Économie du climat », Université Paris Dauphine – PSL

