Il y a longtemps que l’examen d’un texte au Sénat n’avait plus suscité autant de remous. Ce vendredi, la session parlementaire s’est achevée dans une certaine confusion avec l’adoption pour le moins chaotique de la réforme de l’audiovisuel public. Décriée par la gauche, la proposition de loi du sénateur centriste Laurent Lafon, devenue l’un des chevaux de bataille de la ministre de la Culture, Rachida Dati, prévoit de réunir dans une holding « exécutive » France Télévisions, Radio France et l’Ina (Institut national de l’audiovisuel), sous la houlette d’un unique président-directeur général.
Au-delà de leurs craintes pour l’indépendance et les moyens financiers à disposition des rédactions, les groupes d’opposition ont vu dans le retour express de ce texte au Sénat, quelques jours seulement après son rejet surprise par l’Assemblée nationale, la main de Rachida Dati. La ministre a été attaquée à plusieurs reprises pour son « agenda politique ». In fine, c’est l’activation du « vote bloqué », un mécanisme de rationalisation des débats prévu par la Constitution, qui a permis de mener la discussion à son terme, au grand désarroi des groupes de gauche. L’épisode devrait laisser quelques traces dans un Palais du Luxembourg habitué à des échanges bien plus feutrés.
1er acte : la ministre prise pour cible
Dès l’ouverture de la discussion générale jeudi après-midi, lors de laquelle le gouvernement…
Auteur: Romain David

