La France a connu 30 années de délocalisation de ses structures de production industrielle, et a perdu plus de 2 millions d’emplois. La perte de souveraineté qui s’en est suivie s’est révélée avec force lors de la crise sanitaire puis du conflit en Ukraine. La question du soutien à l’industrie, et plus particulièrement à la réindustrialisation et à la relocalisation, est ainsi devenue une thématique majeure corrélée à celle de la souveraineté de la France. En témoigne le plan « France Relance », présenté en septembre 2020 par le gouvernement, dont 35 milliards d’euros sont consacrés à l’industrie. Objectif :
« Relocaliser les maillons manquants des chaînes de production stratégiques et prendre un temps d’avance pour favoriser la localisation des activités d’avenir en France ».
Le ministre délégué à l’Industrie a également mis en place une politique de soutien et d’encouragement aux relocalisations notamment via les Chambres de commerce et d’industrie (CCI) auxquelles il est demandé, dans le cadre de leur mission, de déployer en 2023 des accélérateurs de relocalisations.
Depuis l’annonce du plan France Relance, 155 relocalisations ont été dénombrées en France par le cabinet d’étude Trendeo, contre 98 sur l’ensemble de la période 2014-2018.
Néanmoins, au-delà de ces premiers chiffres de la volonté affichée, la question de la faisabilité de la relocalisation se pose et de nombreuses difficultés peuvent freiner le mouvement.
Une reconfiguration forcée des modèles
Les projets de relocalisation soulèvent, très généralement, des problématiques de trois ordres. D’abord, d’ordre technologique. En effet, la relocalisation ne peut être envisagée que par des changements de méthode de production afin de faire baisser de façon drastique les coûts de main-d’œuvre, d’être plus compétitif tout en offrant des produits de meilleure qualité.
Ainsi l’opticien…
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Auteur: Catherine Mercier-Suissa, MCF-HDR en sciences économiques, iaelyon School of Management – Université Jean Moulin Lyon 3

