La grogne est devenue colère. Depuis quelques semaines, les agriculteurs se révoltent dans plusieurs pays d’Europe : Pays-Bas, Roumanie, Pologne, Royaume-Uni, Allemagne… En France, des petits gestes de « ras-le-bol » sont apparus dès l’automne : les panneaux d’entrée de nombreuses villes étaient retournés, afin de montrer que, pour le monde agricole, « on marche sur la tête ». Cette initiative pour créer le buzz sans gêner a été lancée par la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) et les Jeunes Agriculteurs (JA) du Tarn, puis s’est propagée dans toutes les campagnes.
La mobilisation s’est durcie mi-janvier, notamment en Occitanie avec le blocage de l’A64 par des centaines de tracteurs et de camions. La FNSEA a annoncé des actions dans près de 85 départements d’ici à la fin de cette semaine. Les raisons de la colère sont nombreuses et complexes : la hausse progressive de la fiscalité sur le gazole non routier (GNR), la flambée des coûts de production, la concurrence des importations ukrainiennes, le poids des démarches administratives… Et, pour certains, les nouvelles réglementations pour la protection de l’environnement ajoutent des difficultés dans leur quotidien.
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D’ailleurs, des bâtiments liés aux politiques écologiques ont été ciblés lors des mobilisations, comme la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) à Carcassonne, soufflée par une explosion. Des tags « CAV », le Comité d’action viticole, ont été retrouvés sur les murs. Pour Laurence Marandola, porte-parole du syndicat de la Confédération paysanne, la mobilisation massive pour réclamer un revenu…
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Auteur: Vanina Delmas

