La rentrée en Haïti : « Madame, est-ce que vous pouvez arrêter ce que les gangs nous font ? »

Pour Etzer, père de quatre enfants, déplacé interne et défenseur des droits des personnes déplacées, le retour en classe représente bien davantage qu’une simple rentrée. Après avoir fui leur quartier en raison de la violence des gangs, de nombreux enfants déplacés retrouvent leurs amis et une vie sociale brutalement interrompue par la crise.

« La scolarisation, c’est comme une thérapie pour ces enfants-là », témoigne-t-il.

Mais dans de nombreuses régions, les conditions d’apprentissage restent extrêmement difficiles pour les enfants déplacés.

© UNOCHA/Giles Clarke
Des familles en proie à la violence des gangs ayant trouvé refuge dans un bâtiment scolaire à Port-au-Prince, en Haïti.

Une rentrée entre espoir et inquiétude

Jasmide, mère de Woodayline, 7 ans, se réjouit de la réouverture des classes. Mais derrière cet espoir se cachent les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses familles : la faim, le chômage, l’insécurité et le coût de la scolarité, particulièrement lourd pour celles qui dépendent des établissements privés.

« Nous autres, parents haïtiens, on est pour la réouverture des classes, mais pas dans les conditions infra-humaines que l’on nous impose », affirme-t-elle.

Ces inquiétudes sont largement partagées par les familles déplacées et les communautés touchées par la violence.

Geetanjali Narayan, Représentante de l’UNICEF en Haïti, dit entendre partout la même demande : permettre aux enfants d’aller à l’école sans avoir peur.

« On veut avant tout la sécurité et la continuité de l’éducation », rapporte-t-elle.

IOM
Un enseignant en Haïti explique un concept scientifique à ses élèves. Un enseignant explique une leçon de sciences à une élève. En Haïti, l’UNICEF soutient les…

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Auteur: Nations Unies FR