Alors qu’une nouvelle surenchère médiatique et politique attaque le mouvement Free Party à la suite d’une immense fête, parfaitement organisée, à proximité d’un terrain militaire dans le Cher, rappelons que cette répression a une histoire. Avant la mort de Steve en 2019 à Nantes et les Free parties réprimées par une immense violence policière de ces dernières années, les gouvernements successifs ont mis en place, dès les années 1990, des moyens exceptionnels pour écraser ces espaces festifs, autogérés et subversifs.
Extraits du livre Nous sommes en guerre, de Pierre Douillard-Lefevre, Grévis, 2021 :
«Samedi 21 juin 2019 à Nantes. Après les traditionnels concerts dans les rues du centre-ville, la fête de la musique se poursuit sur le Quai Wilson, une zone industrielle à l’extrémité d’une île bordée par la Loire. Comme chaque année, des centaines de noctambules se retrouvent sur cette esplanade déserte surplombée de grues immenses pour écouter du son jusqu’à l’aube. Mais cette année-là, la police attaque à 4h30 du matin. Les chiens sont lâchés.
Un nuage épais, jauni par les lumières du quai, coupe les respirations. On tousse, on court à l’aveugle, au milieu des gaz. Les corps se cognent, trébuchent. «On n’a rien compris» raconte un témoin, «j’ai vu des gens tomber dans l’eau». Une femme décrit : «Il faut imaginer des centaines de personnes qui hurlent en courant dans tous les sens, des bruits de ”plouf” dans l’eau, du gaz partout, des détonations de grenades, des flics qui frappent des gens». Selon les chiffres officiels, 33 grenades lacrymogènes, 10 grenades de désencerclement et 12 balles en caoutchouc sont tirées en quelques minutes contre une foule compacte qui dansait en bord de Loire.
Pourquoi avoir donné l’assaut ? Selon les autorités, la musique aurait dépassé de quelques minutes l’horaire prévu. En réalité, tout a commencé…
Auteur: B

