La République dans une France calcinée

Tout en étant consciente du biais consistant à analyser le présent comme un moment exceptionnellement singulier, il est difficile de ne pas qualifier cette fin d’été, caniculaire et calcinée, de critique. Elle se caractérise en effet par la sensation d’avoir été percuté·es dans nos corps et nos peurs par ce qui était jusqu’à présent des connaissances et des alertes théoriques sur les dangers associés au dérèglement climatique.

Alors que la chute du mur de Berlin avait été associée à la fin de l’histoire – entendue comme la victoire de la démocratie sur le totalitarisme, l’autoritarisme et la barbarie –, l’érosion de l’État de droit et l’effondrement écologique nous confrontent à la fin de ce récit. Nous vivons en effet une rupture dans le mythe d’une ère de progrès, notamment économique et social, l’incertitude ayant remplacé la confiance en un lendemain meilleur qu’hier et aujourd’hui.


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Face au vécu des injustices et à leur objectivation, le recours aux emblèmes de la République française, notamment à la devise « Liberté, Égalité, Fraternité », pourrait être considéré comme un chiffon rouge à éviter, une exhibition décalée des promesses non tenues. Comment comprendre alors les usages contemporains de cette devise, notamment dans le cadre de la campagne pour la présidentielle de 2027 ? Est-ce un écran de fumée, une diversion ou une respiration, nécessaire pour ne pas nous asphyxier dans la poussière de l’histoire et du présent, que de se réapproprier les emblèmes de la République ?

Les campagnes électorales sont un moment où le symbolique, de « dormant », devient « éclatant » pour reprendre une…

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Auteur: Réjane Sénac