La République des saints

Selon les statistiques, une majorité de Français ne croit plus en Dieu. Pourtant, prier reste à la mode. On espère que Macron nous comprenne, que Mélenchon nous sauve, que Le Pen « ait changé ». Chaque élection est une messe : on chante, on communie avec les promesses. Les saints ont été « grand-remplacés » par les politiciens : même besoin de miracle, même absence de résultat. Non efficientes mais divertissantes, les élections fonctionnent presque comme les Jeux olympiques : un opium du peuple sans la beauté des corps.

Sur les plateaux télé, c’est la procession : caméras, projecteurs et déférence. Le politique entre comme un messie, ressort en martyr, et, entre les deux, il t’explique que, si t’es au chômage, c’est parce que tu es un mécréant.

Le pluralisme, aujourd’hui, ressemble à un polythéisme : les ­macronistes, les insoumis, les lepénistes… Chacun défend son catéchisme et, tous les cinq ans, chaque culte envoie celui qui semble être « l’élu » ou, par défaut, Bruno Retailleau.

Le politique est devenu notre religion d’État. On croit à l’homme providentiel comme au prince charmant. La situation est si catastrophique qu’on ne demande plus un programme mais une résurrection. On veut que Jésus dirige le pays, mais avec une apparence de comptable (torse nu, sandales et cheveux longs, c’est trop marqué zadiste).


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Ces dernières décennies, on a tué le père, Dieu, l’homme blanc de + 50 ans et le roi – à raison – mais Macron a pris la place vacante. Il a intégré l’idée qu’il fallait incarner une forme de transcendance, et il a poussé le délire christique jusqu’au bout « parce que c’est notre ­projet ». Pour…

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Auteur: Ameziane

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