Le 18 janvier 2024, un arrêt de la Cour de cassation italienne s’est prononcé sur les saluts fascistes effectués en 2016 par des militants à l’occasion d’une commémoration, précisant que ce geste est interdit seulement s’il est possible de prouver un danger concret de reconstitution du parti fasciste.
Cette décision, qui a suscité les critiques de ceux qui y voient une réduction excessive du champ d’application de la loi réprimant l’apologie du fascisme, n’est que la dernière d’une série d’interventions de la justice visant à résoudre l’ambiguïté du système juridique et de la pratique jurisprudentielle italiens sur la question du fascisme et de sa persistance, quatre-vingts ans après la chute du régime de Mussolini. Une ambiguïté qui va de pair avec une mémoire trouble car, si l’Italie peine à condamner les fascistes, c’est parce que le pays n’a pas eu son Nuremberg et n’a jamais véritablement réglé les comptes avec son passé.
Dès les semaines qui ont suivi l’arrestation de Mussolini, en juillet 1943, et la fin de son régime, les forces de la Résistance et les Alliés ont tenté de mettre en place un système de sanctions censé conduire à un processus de défascisation de l’État. En mai 1944, un « Haut-Commissariat aux sanctions contre le fascisme » a été créé, mais avec des résultats très modestes, en raison des difficultés d’interprétation et des lourdeurs procédurales. À la fin de la guerre, cette épuration s’est avérée pour le moins insignifiante.
Sur le même sujet : En Italie, le salut fasciste considéré comme un délit… dans certains cas seulement
Ainsi, en 1945, l’Italie s’est retrouvée avec un appareil d’État encore largement fasciste, où non seulement le personnel mais…
Auteur: Giulia Chielli

