Le succès des plates-formes numériques a été si soudain et puissant qu’elles sont désormais dans nos vies sans que l’on maîtrise toujours leur mode de fonctionnement. Décryptage du rôle joué par la réputation dans une plate-forme de cours en ligne. Quelles conséquences le management algorithmique de la réputation a-t-il sur les individus ?
Avec le franchissement du cap des 5 milliards d’utilisateurs de réseaux sociaux, début 2024, et la suprématie non démentie des GAFAM en termes de capitalisation boursière, nul doute : notre début de XXIe siècle est l’ère du capitalisme des plates-formes numériques.
Leur succès a été si rapide qu’il convient de revenir sur sa généalogie et notamment sur l’économie des plates-formes numériques et le rôle particulier de la réputation dans cette économie. Pour cela, nous nous appuyons sur les résultats d’une étude récente que nous avons menée auprès d’enseignants sur une plate-forme de cours particuliers.
Un modèle d’affaires centré sur les effets de réseau
Plus flexibles et moins coûteuses : le développement des nouvelles technologies a favorisé l’émergence d’organisations alternatives à l’entreprise industrielle traditionnelle. Plutôt que de se concentrer sur la production de biens et services, les plates-formes numériques se positionnent comme des orchestrateurs d’échanges, que ceux-ci soient sociaux (messages, likes) ou économiques (achats, locations, emprunts). Ainsi, comme l’ont noté de nombreux observateurs, Facebook, le plus grand média au monde, ne crée aucun contenu, et Airbnb, le plus grand hébergeur, ne possède pas de biens immobiliers.
Les plates-formes numériques opèrent dans des marchés où la stratégie de croissance prédominante est le modèle « le gagnant remporte tout… ou presque », grâce à l’activation des effets de réseau. La valeur pratique des plates-formes augmente non pas par addition, mais par…
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Auteur: Sophia Galière, Maîtresse de conférences en sciences de gestion, Université Côte d’Azur

