L’analyse d’échantillons retrouvés notamment dans le permafrost montre que certaines souches de bactéries avaient développé des mécanismes de résistance bien avant la découverte et l’introduction des antibiotiques en clinique. Cela pourrait se révéler précieux pour lutter contre les phénomènes de résistances aux antibiotiques préoccupants que nous connaissons aujourd’hui.
Les antibiotiques sont considérés comme l’une des avancées les plus importantes de l’histoire de la médecine. Leur introduction en clinique dans les années 1940 a marqué un tournant dans la lutte contre les maladies infectieuses, amélioré la santé humaine et prolongé l’espérance de vie.
Aujourd’hui, paradoxalement, l’impact de la résistance bactérienne aux antibiotiques est devenu une menace mondiale et un défi majeur pour la médecine.
Leur utilisation abusive, qui est souvent incriminée en médecine humaine, vétérinaire et dans l’agriculture, a créé des conditions favorables à la sélection de bactéries résistantes.
Un héritage qui remonte à plusieurs millions d’années
Cependant, ce phénomène est plus ancien qu’on ne le pensait. Les bactéries possédaient des mécanismes de résistance bien avant la découverte et l’introduction des antibiotiques en clinique. Cela indique que la résistance aux antibiotiques est un phénomène évolutif ancien beaucoup plus complexe, répandu et profondément enraciné qu’on ne le pensait au départ.
Les données scientifiques appuient cette affirmation avec des études qui ont documenté les mécanismes de résistance aux antibiotiques dans les microorganismes retrouvés dans des habitats naturels où l’influence de l’humain est minime ou inexistante. Ces environnements comprennent les couches souterraines profondes, le fond des océans et les environnements anciens tels que les grottes isolées et le permafrost.
Il est intéressant de noter que de nombreux mécanismes…
Auteur: M. Paloma Reche Sainz, Profesora de Microbiología de la Facultad de Farmacia, Universidad CEU San Pablo, Universidad CEU San Pablo

