Monsieur le Chancelier Merz,
Lorsque je vous ai écrit une lettre ouverte il y a six mois, j’ai exhorté l’Allemagne à miser sur la diplomatie avec la Russie plutôt que sur la normalisation de la guerre. Six mois plus tard, la situation en Europe s’est drastiquement aggravée. L’Europe et la Russie s’enfoncent dans une guerre ouverte. Et dans cette dérive, Monsieur le Chancelier, votre responsabilité est singulière. Aucun leader européen – ni à Paris, ni à Varsovie, ni à Rome – n’occupe la position qu’occupe l’Allemagne, ni n’a le pouvoir que vous avez personnellement, pour arrêter cette catastrophe. Allez-vous tenter d’obtenir la paix ?
Vous-même, avec la Présidente Meloni et le Président Macron, avez appelé en janvier 2026 à ce que l’Europe reprenne ses relations avec la Russie et avez décrit la Russie comme un « pays européen ». Pourtant, vous n’avez pas misé sur la diplomatie. Avec l’avenir de l’Europe en jeu, cela constitue un renoncement extraordinaire au leadership. Avez-vous tenté, durant vos mois en tant que chancelier, d’engager un dialogue substantiel avec le Président Poutine ? Votre ministre des Affaires étrangères a-t-il tenté d’engager un dialogue substantiel avec le ministre des Affaires étrangères Lavrov ? De véritables conversations, du genre de celles qui ont mis fin à la Guerre froide. La réponse, d’après ce que révèlent les archives publiques, est non. Pas une seule fois. Et ce n’est pas faute de reconnaître l’urgence.
Ces derniers jours ont apporté une escalade dangereuse qui devrait être source d’inquiétude pour tous les Européens. Les deux capitales sont désormais sous une attaque constante : les drones ukrainiens à longue portée ont pénétré profondément dans Moscou, atteignant même des cibles civiles ; les frappes de missiles et de drones russes contre Kiev se sont considérablement intensifiées. Les drones ukrainiens ont envahi l’espace…
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