Parmi les annonces faites le 21 février dernier en réponse à la colère des agriculteurs, le premier ministre Gabriel Attal a promis le lancement d’une « conférence des solutions » visant à accélérer l’application du volet de la loi EGALim (une loi votée en 2018 ciblant des objectifs de durabilité de l’alimentation et de rééquilibrage des relations commerciales dans les filières agricoles) portant sur les achats de la restauration collective.
Déjà, depuis le 1er janvier 2024, tous les établissements publics comme privés de restauration collective ont l’obligation de servir des repas composés au minimum de 50 % de produits « durables et de qualité » (Label rouge, indications géographiques protégées…) dont 20 % de produits issus de l’agriculture biologique. Cette obligation concerne tous les secteurs de la restauration collective : scolaire et universitaire, médico-social et carcéral, mais aussi la restauration collective des entreprises et des administrations.
Ces obligations, qui n’étaient par le passé que des « objectifs », ont été annoncées depuis plusieurs années, pour certaines même depuis très longtemps puisque les 20 % de produits bio ont été avancés pour la première fois dans une circulaire de 2008 portant sur l’exemplarité des achats de l’État.
Pourtant, et même s’il est difficile d’avoir des chiffres fiables, tout le monde reconnaît que ces deux obligations sont probablement loin d’être satisfaites. En 2022, un dixième des établissements de restauration collective français ont déclaré sur le site « ma cantine » leurs données d’achat. Seulement 11 % d’entre eux, dont on peut supposer qu’ils sont plutôt les « bons élèves », annonçaient alors respecter la loi. Globalement, pour ces répondants, les taux globaux d’achat étaient de 23 % pour les produits « durables et de qualité » dont 11 % pour les produits bio.
Des obligations…
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Auteur: Ronan Le Velly, Professeur de sociologie, Montpellier SupAgro

