La Révolution française et les colonies

L’autoproclamé « pays des Droits de l’homme » est encore loin d’avoir liquidé son passé esclavagiste et colonial, qui resurgit sans cesse. Le Rassemblement national, dont on ne se demande plus, paraît-il, s’il accédera, oui ou non, au pouvoir, mais quand il y parviendra (entendu sur une radio du service public, par un commentateur « autorisé », comme il se doit), a été, faut-il le rappeler (manifestement oui, au moins à l’intention des Renaissants et autres soi-disant Républicains), comme Front tout aussi national, non seulement par d’anciens collabos, mais aussi et surtout par des tortionnaires en Algérie, et qui se revendiquaient comme tels. Pis, ils ont réussi à inoculer leur venin suprémaciste à une bonne partie de la dite « classe politique ». C’est pourquoi les ouvrages comme celui dont je parle aujourd’hui sont importants : parce qu’ils éclairent « l’archéologie du présent », comme aurait dit Foucault.

En l’occurrence, l’esclavage, la plantation et ce qu’ils ont généré, soit le monde contre lequel nous luttons aujourd’hui.

Marc Belissa avait déjà publié à La Fabrique, avec Yannick Bosc, un livre sur le Directoire et un autre sur le Consulat de Bonaparte. Consacrant aujourd’hui un ouvrage très instructif à la Révolution française (prise au sens large : de 1789 à 1804, soit de la prise de la Bastille et de la Déclaration des droits à la proclamation de l’Empire par le ci-devant Bonaparte) dans ses rapports avec les colonies, et séparant donc ses études précédentes sur la Révolution de celle-ci qui porte sur ses rapports avec les colonies, il prête cependant le flanc à la critique de son prédécesseur Yves Benot, dont je ne recommanderai jamais assez la lecture de ses deux ouvrages sur le sujet : La Révolution française et la fin des colonies 1789-1794 et La Démence coloniale sous Napoléon. Comme le dit l’historien Marcel Dorigny dans sa préface au…

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Auteur: dev