La revue Minotaure – Un phare dans la nuit du XXe siècle

Si comme nous vous ne connaissiez pas ou mal la revue d’inspiration surréaliste Minotaure (1933-1939), cet article de Dietrich Hoss devrait vous intéresser. Il est extrait d’une autre revue, contemporaine celle-ci : L’ouroboros, revue lyonnaise de luxe communal dont le 3e numéro vient de voir le jour (vous pouvez en lire l’éditorial à la fin de cet article) et dont nous avions déjà parlé par ici.

Il y a des lumières qui nous atteignent avec du retard, mais avec un éclat inattendu. L’obscurité dans laquelle une étoile morte avait disparu est percée à l’aide des capteurs sensoriels assez fins pour détecter sa lumière enfouie dans la nuit des temps.

La revue Minotaure est de ce genre-là. Éditée entre 1933 et 1939, elle s’était proposé un objectif précis. Dans son premier numéro, sorti le 1er juin 1933, elle affirme sa volonté « de retrouver, de réunir et de résumer des éléments qui ont constitué l’esprit du mouvement moderne pour en étendre le rayonnement… ». Ces éléments recherchés pouvaient être de provenance très variable : à commencer « la production d’artistes dont l’œuvre est d’intérêt universel » et, « comme il est impossible d’isoler aujourd’hui les arts plastiques de la poésie », « … elle [la revue] publiera un grand nombre de textes d’ordre littéraire. » Mais il y aura aussi des « études d’ethnographie et d’archéologie [qui] ne seront pas seulement des catalogues ou de simples descriptions d’objets. Elles chercheront à représenter les circonstances et les préoccupations vitales auxquelles ces objets ont répondu, et ce avec la contribution de l’histoire des religions, de la mythologie et de la psychanalyse. La musique, l’architecture et le spectacle (théâtre, cinéma, danse, variétés, cérémonies) seront traités dans le même esprit que les autres rubriques. »

On voit tout de suite que ce programme met en avant une idée de la modernité loin de l’idéologie prédominante – hier comme aujourd’hui – d’un progrès civilisationnel technoscientifique. Il vise, au contraire, une modernité où l’esprit humain plonge ses perspectives nouvelles dans l’aspiration au merveilleux qui émerge avec la naissance de l’humanité.

En revanche, il pourrait surprendre aujourd’hui qu’il soit fait abstraction d’un contexte politique en contradiction flagrante avec une telle orientation. Hitler venait de prendre le pouvoir et le nazisme se mit à éradiquer tout art moderne comme « art dégénéré » en…

La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: lundimatin

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