Résoudre la crise écologique suppose de prendre au sérieux la question sociale. C’est le point de départ du rapport sur la justice mondiale publié le 4 juin par le World Inequality Lab. Au menu : impôt mondial pour les milliardaires, réduction des inégalités et davantage de sobriété. L’équipe réunie autour de Thomas Piketty défend également une trajectoire vers 1 000 heures travaillées par personne et par an, contre environ 2 100 aujourd’hui dans le monde (1 500 dans les pays développés). Que faut-il en penser ?
Lorsqu’on produit plus efficacement, il est plus soutenable de travailler moins pour produire autant.
Historiquement, la réduction du temps de travail (RTT) constitue l’une des grandes revendications progressistes. Temps libre, culture, loisirs : elle apparaît comme un levier d’émancipation. À l’heure de la crise écologique, elle est aussi présentée comme un outil de bifurcation. Dans les scénarios de post-croissance, elle permet à la fois de réduire la pression matérielle sur les écosystèmes et d’atteindre le plein-emploi.
En présence de gains de productivité, la RTT a effectivement des vertus écologiques. Lorsqu’on produit plus efficacement, il est plus soutenable de travailler moins pour produire autant que de maintenir la même durée de travail pour produire davantage. C’est en partie ce qui distingue l’Europe des États-Unis : la première a davantage transformé ces gains en temps libre.
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Ce raisonnement laisse toutefois dans l’angle mort l’origine de ces gains de productivité. Ceux-ci restent profondément liés à l’augmentation de la consommation d’énergie, en particulier fossile. À l’échelle mondiale, entre 1950 et 2012,…
Auteur: Alban Pellegris

