L’attaque contre l’Iran affaiblit un allié capital de Moscou. Il y a un an déjà, ce dernier n’avait pas sauvé son autre partenaire régional, Bachar Al-Assad. La prudence russe sur l’Iran démonétise le Kremlin dans le « Sud global ». Pour autant, la Russie peut aussi tirer des bénéfices de la déstabilisation du Moyen-Orient : l’attention mondiale se détourne de l’Ukraine ; les prix des hydrocarbures augmentent ; un changement de régime à Téhéran créerait un précédent justifiant les attaques contre Volodymyr Zelensky à Kiev…
La Fédération de Russie est-elle d’ores et déjà, après la République islamique d’Iran, la grande perdante de la guerre aéronavale menée par Israël et les États-Unis tout à la fois contre le régime des mollahs, contre le programme nucléaire iranien, contre l’appareil sécuritaire et contre le réseau international de cette puissance régionale ?
Le partenariat global russo-iranien signé en janvier 2025 n’assurera pas la défense de l’Iran, hormis les protestations formulées publiquement par les autorités russes quelques heures après le début des frappes.
Après la chute de la famille Al-Assad en Syrie, la Russie semble privée d’un relais essentiel dans la région et, plus largement, sur la scène mondiale. Pour autant, il est sans doute très prématuré d’annoncer la fin de l’influence russe au Moyen-Orient.
Des revers indiscutables
Même si Moscou a enregistré, ces dernières années, certains succès diplomatiques sur le continent africain, ses réseaux d’alliances s’effritent : renversement du régime syrien en décembre 2024, enlèvement spectaculaire du président vénézuélien Nicolas Maduro en janvier 2026, mort du guide suprême iranien Ali Khamenei et possible effondrement de la République islamique… La Russie a perdu des soutiens de poids sur la scène internationale pour sa lutte d’influence contre l’Occident et pour son invasion de…
Auteur: Cyrille Bret, Géopoliticien, Sciences Po

