Depuis le printemps, l’armée turque mène une opération militaire terrestre et aérienne contre la guérilla kurde du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK), qui trouve refuge depuis 25 ans dans les zones montagneuses du nord de l’Irak. Le Président turc Recep Tayyip Erdoğan n’a pas encore réussi à empêcher la circulation des combattant·e·s, mais la situation reste fragile.
Au début de l’année 2024, le gouvernement turc d’Erdoğan, réélu en 2023 grâce à une coalition entre l’AKP (parti de la Justice et du développement, islamo-nationaliste) et le MHP (parti d’action nationaliste, d’extrême droite), annonçait une intensification des bombardements sur la guérilla du PKK au nord de l’Irak. Depuis 25 ans, l’armée turque mène régulièrement des frappes aériennes et des incursions dans le Kurdistan irakien (région autonome au nord de l’Irak), où elle a fait construire des dizaines de bases militaires. Pour rappel, le PKK, largement présent dans l’est de la Turquie, mais aussi dans certaines régions de l’Irak, de l’Iran et de la Syrie, prône l’autodétermination du peuple kurde via le confédéralisme démocratique, mêlant féminisme, écologie et démocratie directe. Cette nouvelle salve d’attaques turques répond à un attentat perpétré en octobre 2023 contre le siège de la police à Ankara, attribué au PKK, classé comme terroriste par l’Union Européenne et les États-Unis. À partir d’avril 2024, les attaques se sont intensifiées, débouchant sur l’envoi de troupes terrestres. Dans un communiqué de presse du 1er juillet, le Congrès National du Kurdistan (KNK), composée de différentes organisations kurdes, faisait état d’un bilan de la chaîne kurde irakienne Channel 8 évoquant « 300 chars et véhicules blindés [déployés] dans le Kurdistan irakien » et constatant la…
Auteur: Le Poing

