L’ESSENTIEL
-
Les recherches les plus récentes nous ont appris que la santé se construit bien avant l’entrée dans le système de soin.
-
Les comportements favorables à la santé s’acquièrent dans des endroits et des secteurs très divers : dans les familles, à l’école, dans les clubs sportifs, dans les collectivités, etc.
-
Notre organisation institutionnelle doit être transformée pour tenir compte de l’évolution des connaissances scientifiques.
Jamais la prévention n’a autant été invoquée dans le débat public. Pourtant, notre système de santé continue d’intervenir principalement lorsque la maladie est déjà installée. Ce paradoxe est l’illustration de l’un des grands défis sanitaires du XXIᵉ siècle.
Pendant plus d’un demi-siècle, notre politique de santé s’est construite autour d’une ambition qui a profondément transformé la société française : garantir à chacun l’accès aux soins. Hôpitaux, médecine de ville, Assurance maladie, innovations thérapeutiques… Ce modèle a permis des progrès considérables et contribué à l’allongement de l’espérance de vie.
Le véritable défi du XXIᵉ siècle n’est plus seulement de soigner les maladies, mais de protéger et développer le capital santé dès les premières années de la vie.
Malheureusement, aujourd’hui, les politiques de santé, d’éducation, de jeunesse, de sport et de numérique demeurent largement organisées en silos. Cette fragmentation ne correspond plus aux déterminants contemporains de la santé, et nuit à l’efficacité de la prévention à destination des plus jeunes, qui devraient pourtant être au centre des préoccupations.
Des maladies évitables
Aujourd’hui, les principales menaces pour notre santé trouvent autant leur origine dans nos conditions de vie que dans les maladies elles-mêmes. Santé mentale, alimentation, activité physique, sommeil, exposition aux écrans ou inégalités sociales…
Auteur: David Smadja, Professeur des Universités – Praticien hospitalier, Hopital Europeen Georges Pompidou, Université Paris Cité
