Alors que les universités et les laboratoires ont connu un discret mouvement de contestations ces derniers mois, l’enseignement supérieur et la recherche subissent toujours plus profondément les politiques néolibérales (voir notre dossier).
Au-delà des seules questions budgétaires, ce qui est en jeu c’est le rapport que la société entretient avec la science et les savoirs. Hendrik Davi, chercheur et député, analyse ici les enjeux posés à la science et au monde de la recherche, attaqués de toutes parts.
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Vendredi 7 mars des scientifiques se sont mobilisés partout sur la planète à l’appel de chercheurs américains dans le cadre du mouvement « Stand up for science ».
Ils ont raison, car aujourd’hui la science est en danger. La gauche doit prendre l’ampleur de la menace et doit bien en comprendre les raisons.
La science au service des classes dominantes ?
Depuis la révolution industrielle, la gauche radicale a un rapport ambivalent vis-à-vis de la science. Tout d’abord, la science et plus largement la connaissance ont été essentiels pour les classes dominantes. En effet, le développement scientifique est absolument indispensable à l’accumulation capitalistique. Pour une entreprise donnée, l’augmentation de productivité permise par les innovations techniques ou sociales lui donne un avantage compétitif indéniable et lui permet d’augmenter ses profits.
Expliquons pourquoi. La plus-value correspond à la valeur produite par un salarié, qui n’est pas rendue à celui-ci par le biais de son salaire, mais captée par le propriétaire des moyens de productions pour augmenter le capital de l’entreprise. Si un salarié produit en 1 mois 100 chaussures qui se vendent chacune d’entre elles à 30 €, dans l’hypothèse où tout est vendu, la valeur produite est de 3000 €. S’il est payé 1700 € brut, la plus-value est de 1300€. Si la technique démultiplie la productivité avec une…
Auteur: redaction

