Le nouveau front ouvert par l’attaque israélienne contre l’Iran est un point de bascule de la situation régionale et des équilibres mondiaux, le franchissement d’un nouveau seuil dans la logique impérialiste d’une guerre sans fin.
Dans cet article, Eskandar Sadeghi-Boroujerdi, enseignant à l’université de York (Canada) et spécialiste de l’histoire du Moyen-Orient et de l’Iran, dont il est originaire, analyse les objectifs conjoints d’Israël et des États-Unis dans cette offensive qui entraîne le monde vers un chaos sanglant. Il évalue également son impact sur la société iranienne, prise en tenaille entre un régime répressif et une attaque visant à démanteler non pas simplement le régime en place mais l’existence même du pays en tant qu’entité souveraine et indépendante.
Cet article a été écrit avant les bombardements étatsuniens, qui ont confirmé l’analyse qu’entreprend ici l’auteur.
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L’attaque israélienne contre l’Iran – lancée alors que le génocide contre le peuple palestinien se poursuit – suit un scénario sinistrement familier. Comme lors de ses précédentes offensives au Liban et à Gaza, Israël poursuit une stratégie de « décapitation », visant à éliminer les figures clés de l’establishment politique et sécuritaire du pays tout en terrorisant sa population civile. Bien que formulée dans le langage trompeur de la « frappe préemptive » ou de la « non-prolifération », l’escalade israélienne est le signe d’un projet bien plus vaste et ambitieux : il ne s’agit pas seulement d’arrêter le programme nucléaire iranien, mais de liquider l’Iran en tant qu’acteur régional souverain capable de résister à la domination américano-israélienne. Ce programme de changement de régime ne devrait pas surprendre quiconque connaît l’histoire récente de la région. Il a marqué de son empreinte dévastatrice l’Irak, la Libye, la Syrie, la…
Auteur: redaction

