Trégourez (Finistère), reportage
« La situation est catastrophique, c’est bien plus inquiétant qu’on ne l’imaginait. » Les bottes dans une rivière qui ne coule presque plus, un petit saumon atlantique et un chabot morts dans sa main gantée, Mathieu Le Bouter est désappointé. La pêche de sauvetage qu’il coordonne dans l’Odet, le petit fleuve qui traverse le Finistère, avec la Fédération de pêche départementale et un groupe de pêcheurs bénévoles, s’annonce moins bénéfique qu’espérée. « Il y a très peu de poissons, c’est une première à ce niveau », souffle le responsable du développement de la pêche de loisirs du Finistère, un appareil de pêche électrique entre les mains. Objectif du jour : sauver entre 200 et 400 truites et petits saumons lors de cette opération.
Mais pour le groupe de bénévoles qui s’active dans l’eau et sur les berges, le constat est clair : les fortes chaleurs des canicules de ces dernières semaines, couplées à la sécheresse, ont déjà fait beaucoup de dégâts.
« C’est un cercle vicieux, explique Mathieu Le Bouter. La baisse du débit de la rivière, liée à la sécheresse, permet l’augmentation de la température de l’eau, et donc la mort des végétations aquatiques. D’autres plantes repoussent, notamment des algues filamenteuses, et il y a de moins en moins d’oxygène dans l’eau pour les poissons. Plus les jours passent, plus le milieu devient asphyxiant pour eux. Sans cette pêche, ceux qui restent sont condamnés. »
Sur les 2 km de rivière remontés par l’équipe de pêcheurs, beaucoup de poissons sont d’ailleurs déjà morts, asphyxiés ou mangés par des prédateurs (hérons, cormorans ou loutres), venus profiter du niveau très bas de l’eau pour se servir.
Un mois d’avance par rapport à 2025
Comme l’Odet, l’Isole, un autre cours d’eau finistérien, voit son débit dangereusement diminuer. Une pêche de sauvetage y est…
Auteur: Manuella Binet

