Cet article fait état de violences sexistes et sexuelles.
« La ligne de conduite face aux propos sexistes et aux violences sexuelles est la “tolérance zéro” », répète la SNCF dans ses communications externes et internes. Mais pour mener une politique à la hauteur de cet engagement, encore faut-il se donner les moyens.
À la SNCF, le principal outil de cette « tolérance zéro » se nomme direction de l’éthique. Ce service interne, rattaché à la direction des ressources humaines du groupe SNCF compte une dizaine de salariés.
Il dispense des formations, réalise des campagnes de sensibilisation et de prévention, et traite aussi les alertes des salariés. Pourtant, certaines victimes de violences sexistes et sexuelles qui y ont fait appel mettent en cause son sérieux et son impartialité.
Responsables pas sanctionnés
Soutenues par l’association Stop harcèlement ferroviaire, deux cheminotes ont obtenu des décisions du Défenseur des droits confirmant que ces critiques ne sont pas infondées. Pour l’une d’entre elles, Christine S., le Défenseur des droits a estimé, en 2024, que les conclusions de l’enquête de la direction de l’éthique de la SNCF ne sont pas « pas cohérentes » avec le contenu des auditions menées. Elle ajoute que « tous les témoins n’ont pas été auditionnés » et que « les salariés responsables n’ont pas été sanctionnés ».
La SNCF répond qu’elle mettra en place des améliorations. Lesquelles ? Interrogée, ni la direction de l’éthique ni l’entreprise ne nous ont répondu sur ce point. Une deuxième décision du Défenseur des droits, concernant le cas de Florence L., rendue en juillet 2025, met en cause le sérieux de la procédure.
Cette fois, malgré les signalements auprès de la direction de l’éthique du harcèlement sexuel qu’elle subissait, « il n’y a pas eu d’enquête interne réalisée concernant spécifiquement la situation signalée », indique le…
Auteur: Guillaume Bernard, Maïa Courtois

