La sobriété énergétique, grande absente des projets d'aménagement

Routes, nouveaux quartiers, carrières, grosses installations d’énergie renouvelable… Nombreux sont les projets à être examinés par les membres attentifs de l’Autorité environnementale (AE). Ils auscultent également les plans qui dessinent les politiques publiques : gestion de l’eau, du risque inondation, réduction des pesticides et nitrates, etc. Indépendante, composée de hauts fonctionnaires et de membres de la société civile, l’instance est peu connue du grand public. Ses avis ne sont que consultatifs. Mais ils soulignent les limites environnementales des projets, et sont souvent brandis par les défenseurs de la nature qui les contestent.

En 2021, l’autorité a rendu 159 avis, dont 91 sur des « projets » et 68 sur des « plans et programmes ». La synthèse de ces avis a été présentée jeudi 5 mai, dans son rapport annuel. Il est sévère. « Les mêmes programmes, les mêmes financements, les mêmes projets qui auront, pour la plupart d’entre eux, des conséquences irréversibles sur une ou plusieurs dizaines d’années sont invariablement présentés », dénonce l’éditorial du rapport.

Les membres de l’autorité constatent que l’on consomme toujours beaucoup de terres agricoles, que l’on n’évite pas encore assez de détruire espèces protégées et milieux naturels. « En dépit d’efforts réels de quelques maîtres d’ouvrage, le changement climatique reste encore rarement pris en compte, que ce soit sous la forme de réduction des consommations énergétiques et des émissions de gaz à effet de serre ou d’adaptation à ses effets », alertent-ils.

Absence de vraies mesures

Un défaut particulièrement visible dans les « plans et programmes » sur lesquels elle a pu rendre des avis en 2021. Ce sont par exemple les schémas de gestion des eaux (ou Sdage, il y en a un pour le bassin de la Seine, de la Loire, du Rhône, etc.). Renouvelés tous les cinq ans, ceux en place jusqu’ici n’ont guère fonctionné, regrette auprès de Reporterre Philippe Ledenvic, président de l’Autorité environnementale : « On constate que la qualité de l’eau ne s’améliore pas, que la présence de nitrates et de pesticides ne diminue pas. Donc, on s’attendrait à ce que, dans les dossiers présentant les nouveaux plans, on en tire les conséquences. » Mais ils ne proposent pas mieux.

« La tendance est que ces plans fixent des objectifs plus ambitieux, mais sans que cela s’accompagne de nouvelles mesures pour les atteindre », dit le président. Une tendance constatée dans la…

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Auteur: Marie Astier (Reporterre) Reporterre

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