« La société internationale est aujourd’hui comme un bateau ivre »

Dans un monde marqué par des guerres de plus en plus violentes, le droit international a cessé d’être une boussole. Et tout est allé très vite, preuve de sa fragilité. Juriste, professeure émérite de droit public et de science politique à l’université Paris-Diderot, Monique Chemillier-Gendreau interroge depuis longtemps les limites d’un droit international soumis aux rapports de force.

Ces derniers mois, les atteintes au droit international se sont multipliées en Palestine, au Liban, en Iran ou encore au Venezuela. À un an de l’élection présidentielle, qu’attendez-vous des candidats à l’Élysée ?

Il est indispensable que nos responsables politiques s’intéressent à cette question du droit international. Et qu’ils ne s’y intéressent pas seulement avec quelques prises de parole sans effet concret mais qu’ils s’engagent sur l’application par la France de ce droit international. C’est cela que nous attendons des candidates et candidats, à un moment où cette question a un impact très fort sur la situation du pays. Aujourd’hui, bien sûr, ces politiques clament leur attachement à ce droit international mais se rétractent dès qu’il s’agit de mener des actions pour son application, par exemple en prenant des sanctions contre des pays qui l’ont violé.

Vous pensez à quel pays ?

C’est le cas de plusieurs d’entre eux parmi les plus puissants. La Russie mène une guerre d’agression contre l’Ukraine avec l’occupation de la Crimée, puis du Donbass. Les sanctions prises jusqu’ici n’ont pas été efficaces. Il faut les durcir. Quant à Israël, ce pays est en rupture avec le droit international

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Auteur: Céline Martelet

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