La société iranienne prise en étau entre les frappes israéliennes et la répression du régime

La guerre actuelle frappe de plein fouet une société iranienne exsangue, qui subit depuis des décennies l’effet de la combinaison des sanctions occidentales et de la répression d’un régime dictatorial. Entretien avec la sociologue Azadeh Kian, autrice, entre autres nombreuses publications, de Rethinking Gender, Ethnicity and Religion in Iran (Bloomsbury, 2023).


L’attaque israélienne vient frapper un pays encore marqué par le grand mouvement de contestation né en 2022 après le meurtre de Mahsa Amini, et qui avait été réprimé par le régime dans la plus grande violence. La mort dans les bombardements de plusieurs des responsables les plus haut placés de ses services de sécurité peut-elle inciter la population à se tourner encore plus contre lui, voire à se soulever pour provoquer sa chute ? Ou bien assiste-t-on au contraire à un ralliement autour du drapeau ?

Première chose : non, on n’assiste pas à un ralliement autour du drapeau. Le régime est toujours très décrié. Il n’a jamais cessé de réprimer les contestataires, même si le mouvement « Femme, vie liberté » que vous évoquez avait obtenu quelques acquis.

Pour autant, il ne faut pas non plus croire que la situation soit propice à un soulèvement. La population, en particulier dans les grandes villes, à commencer par Téhéran, se trouve sous les bombes israéliennes. Donald Trump a déclaré que les gens devaient évacuer Téhéran, une mégapole de quelque 19 millions d’habitants, laissant entendre qu’il faut s’attendre à des bombardements encore plus intenses. La ville a déjà été durement touchée. Et il n’y a absolument aucun abri à Téhéran, aucune protection.

Ceux qui le peuvent se préparent à partir. Il y a une pénurie d’essence, des embouteillages, et peu de gens ont une résidence secondaire où aller se réfugier.

Téhéran, 15 juin 2025 : Des Iraniens font la queue à une…

La suite est à lire sur: theconversation.com
Auteur: Azadeh Kian, Professeure de sociologie, directrice du Centre d’Enseignement, de Documentation et de Recherches pour les Etudes Féministes (CEDREF), Université Paris Cité

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