Un sociologue de métier. Le travail de Jean-Claude Chamboredon, Stéphane Beaud, Jean-Louis Fabiani et Jacques Revel (dir.), éd. de l’EHESS, 304 pages, 24,80 euros.
Les juristes ont l’habitude de publier un type d’ouvrage un peu particulier, le plus souvent au moment du départ à la retraite d’un professeur, qu’ils qualifient du beau nom de « mélanges ». C’est même aujourd’hui devenu une part notable de la littérature juridique. Il s’agit d’un volume rassemblant des articles ou des textes courts : souvenirs personnels sur l’enseignant ou sur des travaux menés en commun, retour sur des objets de recherche marquants de sa carrière et l’œuvre produite, nouvelles analyses de sujets sur lesquels il a travaillé et qui ont connu des évolutions notables, prolongeant ainsi des recherches qu’il avait engagées.
Les sociologues, historiens, géographes, anthropologues ou philosophes, moins coutumiers de l’exercice, publient plus souvent des livres de souvenirs ou d’analyses sur l’œuvre et la personnalité d’un chercheur disparu. Tel est l’objet de ce recueil consacré à Jean-Claude Chamboredon (1938-2020), chercheur et enseignant, connu d’abord pour avoir cosigné le magistral Métier de sociologue en 1968 (1).
Ouvrage réédité en poche aux Éditions de l’EHESS en 2021, avec une présentation de Paul Pasquali.
Mais le présent volume revient surtout sur le parcours de ce sociologue très indépendant, qui participa à la reconnaissance académique des sciences sociales, notamment à la création de leur « agrégation » au tout début des années 1980. Longtemps « caïman » rue d’Ulm à…
Auteur: Olivier Doubre

