Un jour de 1976, Régine Villemont débarque à Paris avec sa camionnette remplie de vêtements collectés dans sa Sarthe. C’est pour l’Association des amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD), qui vient d’être créée à la suite de la Marche verte, initiative lancée en novembre 1975 par le roi marocain Hassan II : 350 000 volontaires civils marocains partis occuper le Sahara occidental, alors que l’Espagne vient de renoncer à son protectorat sur le territoire.
Cette solidarité précoce est une spécificité française.
R. Villemont
« Vu de France, on a pu croire un temps à une opération de décolonisation », se remémore Régine Villemont. Quand il apparaît que le peuple sahraoui a été spolié, l’AARASD prend de l’importance, et plusieurs comités de soutien voient le jour en France. En mai 1980, en dépit des complications administratives, l’association parvient à faire venir 120 enfants sahraouis en France, répartis dans différentes villes, notamment socialistes et communistes.
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Au Mans, sous l’impulsion de Régine Villemont, plusieurs comités d’entreprise appuient l’opération, et la ville sera la première à nouer un jumelage, avec le quartier de Hausa à Smara, le plus important des campements de réfugié·es sahraoui·es installés autour de Tindouf, en Algérie. « Cette solidarité précoce est une spécificité française », souligne la militante et actuelle présidente de l’AARASD. La société espagnole, encore engluée dans le post-franquisme, n’y prendra sa part que plus tard, pour devenir le principal pôle de soutien à la population de son ancienne colonie.
Soutien citoyen, indifférence…
Auteur: Patrick Piro

