Continuer à faire du ski sur de la neige artificielle jusqu’à risquer de manquer d’eau ? Lors d’une enquête publique sur le projet d’extension du réseau de production de neige artificielle de Serre-Chevalier, cet été, la question a agité la plus grande station de sports d’hiver des Alpes du Sud. Dotée de 250 km de pistes dans le Briançonnais, elle accueillera des épreuves des Jeux olympiques d’hiver en 2030.
Fait rare dans ce genre de dossier, le commissaire enquêteur a rendu un avis défavorable, public depuis début septembre. « Ce projet présente un risque non négligeable […]. La baisse de la ressource pourrait avoir des effets négatifs sur les milieux naturels et l’alimentation en eau potable », écrit le commissaire enquêteur, Bernard Leterrier. Bien que son avis ne soit que consultatif, sa position illustre les tensions croissantes autour de l’impasse du tout-ski dans les Alpes.
La neige se raréfie, même à haute altitude
Les projections scientifiques, y compris l’étude Climsnow commandée par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, prévoient que sous l’effet du changement climatique, la neige naturelle se raréfie, même en haute altitude, à l’horizon 2050. Alors, la station cherche à « garantir la disponibilité et la qualité du domaine en altitude », de 1 980 à 2 500 mètres, pour sécuriser la liaison entre les secteurs des communes de La Salle-les-Alpes et du Monêtier-les-Bains.
Pour enneiger 27 hectares supplémentaires (qui porteraient le total à 185 hectares), 110 enneigeurs de type perches et 6 canons à neige à ventilateurs seraient alimentés par 9 km de canalisations. Aucune date de démarrage des travaux n’a pour l’instant été annoncée.
Un projet qui engendrerait « une consommation d’eau de près de 100 000 m3 par an, soit une augmentation de près de 15 à 20 % des volumes déjà utilisés », analyse la Société alpine de protection de la…
Auteur: Pierre Isnard-Dupuy

