L’effondrement des maquereaux
Fin 2024, le Marine Stewardship Council (MSC), organisme délivrant un label de pêche durable, avançait des chiffres alarmants : « Le stock de maquereau est passé de 7,26 millions de tonnes en 2015 à 2,8 millions de tonnes aujourd’hui, et se rapproche du seuil critique. »
Or, du fait du changement climatique, la distribution des populations de maquereaux évolue au large de l’Europe. « Ils se répartissent maintenant plutôt au nord de leur aire de répartition », explique Didier Gascuel, professeur émérite en écologie marine à l’Institut Agro Rennes-Angers, pour La Relève et La Peste.
« Auparavant très peu présents sur leurs côtes, l’Islande, la Norvège et les iles Féroé voient de plus en plus de maquereaux et réclament aujourd’hui une plus grosse partie des quotas de pêche ».
Tous les ans, les quotas de pêche sont négociés entre les États membres de l’Union européenne et les autres pays européens.
« On s’était mis d’accord sur les droits historiques de chaque pays », explique Didier Gascuel à La Relève et La Peste. « Tout d’un coup les pays du nord de l’Europe remettent en cause ce pourcentage au titre du changement climatique. Mais l’Union européenne ne veut pas bouger. Chacun s’attribue les quotas de pêche auxquels il pense avoir droit : cela fait donc plusieurs années que la somme des quotas nationaux dépasse l’avis scientifique ».
Cette absence d’accord entre les États conduit à une surexploitation des maquereaux. L’ONG britannique MSC estime que 6 millions de tonnes de maquereaux ont été pêchées en trop ces dernières années. En se focalisant uniquement sur le renouvellement du stock disponible pour les pêcheurs, le mode de gestion de pêche européenne ne tient pas compte de la place des poissons au sein des chaînes alimentaires et dégrade l’écosystème.
« On fait comme si les espèces n’interagissaient pas, déplore…
Auteur: Eloi Boye

