Plusieurs centaines d’euros, versés directement sur le compte bancaire de chaque Français ? L’idée de ce complément de revenu universel refait surface depuis quelques mois, portée par des associations de la galaxie écologiste, comme un moyen d’amortir les conséquences sur les factures des taxes et autres mécanismes renchérissant les énergies fossiles.
En Europe, les interventions se multiplient pour réclamer, d’urgence, le déploiement d’un tel « revenu carbone ». À partir de 2027, la Commission européenne va soumettre l’essence, le gaz et le fioul au mécanisme des « quotas carbone », déjà opérant pour les sites industriels depuis 2005, dans le but d’atteindre son objectif de neutralité carbone en 2050. Avec ce nouveau marché carbone, appelé « ETS2 », pour « Emission trading system » (Système d’échange de quotas d’émission), les compagnies pétrolières devront acheter aux enchères des permis de polluer, dont le prix sera répercuté sur celui de l’essence et les factures de fioul et de gaz.
Forte hausse du prix de l’essence
L’effet devrait être progressif, mais considérable : entre 160 euros et 200 euros par an selon les estimations, voire bien plus pour les ménages qui se chauffent au fioul et roulent avec des vieilles voitures. L’essence pourrait prendre 15 centimes d’euro et le diesel 17 centimes, selon un calcul des services du ministère de l’Énergie cité par Contexte.
« En s’additionnant avec l’impact d’autres mécanismes, comme les certificats de production de biogaz et les certificats d’économie d’énergie qui seront eux aussi répercutés sur les factures, la hausse sera équivalente à celle observée pendant la crise énergétique de 2022 », dit le réseau Cler, une association engagée dans la transition énergétique. Les Français ont déboursé cette année-là 680 euros en moyenne en plus sur leurs factures d’énergie. La douloureuse…
Auteur: Erwan Manac’h

