Instagram vante les vertus des hallucinations chez le schizophrène. X glorifie la dépression comme remède contre la surconsommation. Comme vous l’avez deviné, il s’agit d’infox et pourtant TikTok diffuse des vidéos de jeunes femmes souffrants d’anorexie mentale, qui vantent la maigreur comme solution au bien-être adolescent. Leurs discours nous persuadent qu’elles sont enfin heureuses et que pour rayonner autant qu’elles, leurs followers doivent obéir à ce diktat : maigrir.
Encore faut-il une caisse de résonance pour que celles qui suivent ou plutôt sont sous influences y croient. Nombre de mes jeunes patientes – encore une injustice, car les TCA touchent plus les filles – se sont entendu dire par leurs mère, père, grand-père ou grand-mère, qu’il faudrait penser à faire attention à leur poids. « Mais c’est pour ton bien ma chérie ! » Le drame étant que ces petites phrases auront un impact catastrophique avec l’avènement de l’adolescence.
À la puberté, les filles prennent des formes pour accueillir la mère en devenir. Cette fragilité narcissique s’accompagne aussi par l’émergence des pulsions sexuelles qui créent souvent des inquiétudes teintées de culpabilité. Enfin, la construction de l’image de soi, véritable véhicule social, est en pleine construction. Cela fait beaucoup. Pendant longtemps, les repères identificatoires étaient des actrices, chanteuses et on cherchait évidemment à leur ressembler. Une manière de marcher, un emprunt d’un accessoire vu dans un film. Il y avait quelque chose d’une symbolique d’être « comme ».
Identification et culpabilité
Avec l’avènement des réseaux sociaux, un bouleversement dans les processus d’identification s’est joué avec les influenceuses. Filmée chez elle, un ton intimiste, un tutoiement. Il est possible de liker, commenter, lui écrire un MP (message privé). Ce sont les ingrédients pour tomber dans le piège…
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