La théorie des besoins chez Marx. À propos du livre d’Ágnès Heller

Qu’est-ce qui est nécessaire à l’existence humaine, et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Les réponses qu’on donne à ces questions sont cruciales pour tout projet d’émancipation. Pour nourrir ces débats, les Éditions Sociales viennent de republier l’ouvrage de la marxiste hongroise Ágnes Heller, La théorie des besoins chez Marx, publié initialement en 1977, dont l’actualité au regard de la crise écologique et du développement du consumérisme ne peut qu’inciter à redécouvrir ce texte.

Tout projet d’émancipation doit pouvoir déterminer quelle est la base de biens et services dont tout humain devrait pouvoir bénéficier pour mener une vie décente. Cela fournit en effet le critère permettant à la fois de dire en quoi telle société n’est pas vivable et ce que serait une société vivable. Ces réponses sont d’autant plus cruciales dans le contexte de la crise écologique : celle-ci impose une réduction du niveau de consommation des sociétés occidentales.

Elle nous intime donc à faire la part, dans notre consommation, entre l’indispensable et le superflu. Tout concept de besoin est donc d’emblée à la fois descriptif et normatif ; en décrivant des faits, il pose en même temps ces faits comme des nécessités devant être satisfaites. C’est pourquoi il importe à une philosophie politique telle que celle de Marx de s’emparer de ce concept, mais aussi de comprendre quelle place occupent les besoins dans cette théorie.

Ágnes Heller, dans La théorie des besoins chez Marx, réalise justement ce travail. Elle-même était l’une des élèves les plus en vue de Georg Lukács, philosophe marxiste hongrois fondamental du XXe siècle. Ces élèves formaient l’École dite « de Budapest », prolongeant l’analyse marxiste non seulement sur le plan économique ou politique, mais aussi sur celui de la vie quotidienne. Cela valut à l’école de Budapest d’être condamnée par le pouvoir…

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Auteur: redaction

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