La catastrophe survenue à Derna (Libye) le 10 septembre dernier a marqué les esprits. L’ampleur des dégâts (au moins 11 000 morts, 875 bâtiments détruits, plus de 3 000 bâtiments endommagés selon les infographies réalisées à partir d’images satellite Pléiades-1A par le service européen Copernicus Emergency Management Service dès le 14 septembre) s’explique par une conjonction de facteurs naturels et humains.
Avant d’être une manifestation du changement climatique, dont l’impact sur l’intensification des précipitations en Méditerranée reste encore difficile à quantifier, l’événement a surtout tragiquement mis en évidence l’immense vulnérabilité du territoire et de ses habitants – une vulnérabilité liée à une gestion inadaptée du risque avant et pendant les inondations du 10 septembre.
Causes naturelles…
À l’amont de la catastrophe, il y a tout d’abord un aléa : le cyclone subtropical Daniel, un Médicane, contraction de Mediterranean hurricane.
NASA Earth Observatory
Ces tempêtes tropicales, dont l’aire de prédilection correspond à la Méditerranée occidentale et à la mer Ionienne, se forment lorsque survient simultanément un gradient vertical important entre la température de surface de la mer et la température de la troposphère moyenne, une forte teneur en humidité relative de l’atmosphère, une très forte vorticité/hélicité de la colonne d’air et un cisaillement vertical du vent faible (inférieur à 4 ms). La tempête Derna est ainsi liée à des températures anormalement élevées de la mer Méditerranée au cours des jours précédents : 3 à 4 °C au-dessus de la moyenne, avec des températures de 28,7 °C enregistrées en juillet.
Ce type de phénomène se produit…
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Auteur: Aude Nuscia Taïbi, Professeure de géographie, ESO, UMR 6590, Université d’Angers

