Pendant sept semaines, la puissance aérienne américaine et israélienne a dominé le ciel iranien. Surveillance à haute altitude, frappes de précision contre les infrastructures militaires et les immeubles d’habitation de Téhéran, et domination quasi-incontestée des couloirs aériens ont caractérisé la phase initiale du conflit. L’Iran a encaissé les coups et a riposté non par les tactiques de guérilla, comme celles qui se sont naguère déployées dans les rues de Bagdad, mais par des missiles à longue portée, des drones produits en masse et une posture défensive qui a tenu bon.
Dans les jours précédant le cessez-le-feu [du 8 avril, un F-15 et un A-10 Warthog furent abattus grâce à des systèmes de surveillance et de pistage visuel. Reste à savoir s’il s’agissait d’une prouesse technique reproductible ou d’un heureux hasard. Ce qui est certain, en revanche, c’était que l’Iran est parvenu à fermer le détroit d’Ormuz à la navigation. En réaction, les marchés mondiaux de l’énergie ont paniqué. La guerre est devenue un événement planétaire.
La situation politique a également évolué en Iran. Il y a quelques mois à peine, en janvier, la question principale était économique : l’inflation, le logement, le prix des denrées alimentaires. Le plan d’austérité du gouvernement de Massoud Pezeshkian avait considérablement affecté le budget des ménages et poussé des dizaines de milliers de personnes dans la rue. Aujourd’hui, la question est impériale. La guerre n’a pas effacé les souffrances matérielles, elle les a transformées. Le choix qui s’offre à chaque Iranien ne porte plus sur la politique budgétaire ou la réforme des subventions. Il s’agit de choisir entre la souveraineté et l’intégration à un ordre impérial qui gouverne déjà une grande partie de la région.
La guerre malavisée de Donald Trump a révélé l’Iran comme une formation unique dans l’histoire moderne : un État néolibéral…
Auteur: romain romain

