Depuis le rapport Meadows en 1972, nous savons qu’il ne peut y avoir de croissance infinie dans un monde fini. Pourtant, le même système perdure, malgré l’urgence écologique. Mais le mythe de la croissance effrénée serait-il en train de se fissurer ? Les Nations unies ont récemment publié un rapport « Au-delà du PIB » afin d’intégrer de nouveaux indicateurs dans les réflexions de développement économique : le bien-être, l’équité, la durabilité et la résilience. Pour l’économiste Timothée Parrique, ce sont des signaux de bascule vers une décroissance qui peut devenir la promesse d’une richesse sociale et d’un avenir désirable.
La Science de la post-croissance, Timothée Parrique, éditions Actes Sud, 2026.
En 2019, vous publiez votre thèse L’Économie politique de la décroissance, puis, en 2022, l’essai Ralentir ou périr. Quelques années plus tard, le ralentissement vital que vous appelez est-il enclenché ?
Une littérature scientifique solide remet en doute la possibilité d’une « croissance verte », mais nous poursuivons la stratégie de l’autruche.
Timothée Parrique : Nous sommes plus sur la pente « périr » que sur la pente « ralentir ». Tous les indicateurs montrent qu’on est encore dans une situation de « dépassement écologique », c’est-à-dire que nos empreintes sont supérieures à la biocapacité des écosystèmes. Le dépassement de ces limites planétaires continue, et peu de choses ont été mises en place pour inverser la tendance. Le contexte mondial, notamment les guerres et le développement de l’intelligence artificielle (IA), ajoute un surcroît d’activités polluantes, rendant le problème encore plus difficile à résoudre.
Mais cela ne rend pas impossible une…
Auteur: Vanina Delmas

