Chasser de nos quotidiens les hydrocarbures, et tourner nos regards vers les renouvelables. Tel est le dessein de la transition énergétique, défendue et encouragée depuis maintes années en réponse à la crise climatique. Seulement, pour opérer cette métamorphose du système, des minéraux — lithium, cobalt, nickel et cuivre — sont nécessaires. Et si 70 % d’entre eux se trouvent dans les sous-sols des pays du Sud, une grande partie des bénéfices terminent dans les poches des 1 % les plus riches.
Le 24 septembre, Oxfam a dévoilé un rapport mettant en lumière les rouages de ce puissant business. D’après l’ONG, les ultrariches — individus, entreprises et États — s’approprient la transition au détriment des communautés à faibles revenus. Pas question pour eux d’abandonner leurs logiques capitalistes, ni d’interroger leur surconsommation énergétique. Pas question non plus d’imaginer un partage adéquat des profits tirés avec les habitants payant le plus lourd tribut des répercussions néfastes de l’exploitation minière.
« Ces projets impliquent souvent des violences, du travail forcé et des dommages environnementaux »
Dans cette course effrénée aux minerais, les pays du Sud voient leurs ressources être dérobées et leurs terres être accaparées par des multinationales. « Ces projets impliquent souvent des violences, du travail forcé et des dommages environnementaux, et sont mis en œuvre sans le consentement des communautés vivant dans les pays concernés », écrivent les auteurs. Et d’ajouter : « En d’autres termes, les dynamiques qui ont engendré le colonialisme historique refont surface sous de nouvelles formes avec la transition écologique. »
À en croire l’étude menée par Oxfam, 60 % des territoires reconnus comme terres autochtones seraient sous la menace de projets liés à la transition énergétique. Soit l’équivalent des superficies combinées du…
Auteur: Emmanuel Clévenot

