L’empreinte carbone de la transition numérique risque-t-elle d’exploser à l’aune de l’essor des intelligences artificielles génératives ? Cette question concerne aussi le secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche.
En matière de transition numérique, les secteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) sont loin d’être à la traîne. En effet, la recherche repose déjà massivement sur des infrastructures de calcul et de stockage, sur des réseaux de communication permettant une collaboration internationale efficace, et les enseignements utilisent tous les jours des plates-formes pédagogiques numériques. Mais cette numérisation massive est-elle compatible avec la transition écologique ?
Dans l’ESR comme ailleurs, le numérique a des impacts environnementaux positifs et négatifs. Au même titre que les autres universités, l’Université de Lille est impliquée dans cette transition. Celle-ci est mise en perspective avec l’irruption de l’intelligence artificielle (IA) générative à l’occasion de la semaine des transitions organisée par l’Université de Lille. L’occasion de faire le point sur les liens entre transition numérique et écologique.
La transition numérique, un enjeu pour l’ESR
La transition écologique et la transition numérique ont un point commun : elles décrivent toutes les deux la transformation d’un système pour passer d’un état stable à un autre.
Si on regarde l’enseignement supérieur, la transition numérique est déjà très largement entamée. Les systèmes d’information des établissements d’enseignement supérieur gèrent déjà à l’aide d’outils informatiques la plupart de leurs grandes fonctions : scolarité, gestion des ressources (humaines, financières, immobilières), recherche…
Par ailleurs, les étudiants et les personnels bénéficient d’une large gamme d’outils de communication et de travail collaboratif. Le recours…
Auteur: Pierre Boulet, Professeur d’informatique, Université de Lille

